Projet de thèse détaillé

Projet de thèse

Titre : Du Sifflet à la Flûte : sons, usages et façons des instruments sifflants du Paléolithique au Moyen Âge

Directeur de recherche : Martine Clouzot, UMR 6298 ArTeHiS

Co-encadrant de thèse : Stefan Wirth, UMR 6298 ArTeHiS

Description du projet de recherche :

Le son est la facette immatérielle des objets archéologiques. Difficile à aborder dans l’étude des civilisations passées, il a toujours été au coeur de nombreuses controverses méthodologiques et épistémologiques. Ainsi, malgré l’existence de quelques études sonores et catalogues sélectifs, le mobilier archéologique sifflant reste grandement méconnu et, surtout, ne dispose d’aucune méthode d’étude fiable et cohérente vis-à-vis de l’ensemble de ses caractéristiques (archéologiques, artisanales et sonores), et qui soit applicable à la variété des objets qu’il englobe. Il gagnerait beaucoup à bénéficier d’une large étude de corpus, ainsi que d’une réflexion approfondie sur la question de l’étude sonore dans le temps long et, de fait, sur ce que l’on pourrait qualifier de « déonthologie archéomusicale ».

Ce projet de recherche a donc pour objectif d’analyser en profondeur les instruments sifflants archéologiques dans les sociétés entre la Préhistoire et le Moyen Âge. Il exige d’explorer une bibliographie vaste mais morcelée, dans laquelle les méthodes employées sont souvent différentes voire contradictoires selon les disciplines et les approches. Plusieurs cas d’études archéomusicologiques sont ainsi particulièrement intéressants à étudier, tant du point de vue archéologique que scientifique, théorique et sociologique ; ils le sont aussi tant vis-à-vis des objets eux-mêmes que des chercheurs qui les ont étudiés. C’est ainsi que certains objets se retrouvent parfois au coeur de différents débats où les différents chercheurs se disputent sur l’origine animale ou humaine des perforations, et donc sur leur nature d’écofact ou d’artefact. Cette situation, loin de ralentir la recherche, doit plutôt être considérée comme un vivier d’idées et de réflexions aussi bien scientifiques que théoriques, méthodologiques, musicales et artisanales, et dont les issues gagneraient grandement à être analysées et débattues.

Démarche :

Cette recherche porte tout particulièrement sur la question de l’étude sonore des instruments archéologiques dans les sociétés et le temps long, ainsi que sur la méthodologie et épistémologie appliquées à la recherche archéomusicale.

Dans la volonté d’explorer les particularités des flûtes et sifflets archéologiques, un terrain de recherche très particulier a été choisi : l’atelier de facture instrumentale d’un artisan français, facteur de flûtes et sifflets de tradition pastorale, grâce auquel il sera possible d’apprendre les bases d’un savoir-faire indispensable à la compréhension profonde de ces instruments sonores.

Pour poursuivre ce chemin très particulier où artisanat et archéologie s’entremêlent, il se révêle nécessaire de placer cette recherche dans un cadre propice à de véritables rencontres entre artisans et chercheurs de toutes disciplines.

Fort de constater que parler « d’instruments de musique » est souvent délicat, il semble ici qu’il soit plus approprié et plus intéressant de parler « d’archéologie du son ».

Axes de recherche :

– Epistémologie et méthodologie de l’archéomusicologie

– Expérimentation des apports du savoir-faire artisanal à la recherche en archéologie sonore

– Approche anthropologique, sociale et sonore des flûtes et sifflets archéologiques

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