Lexique

Note :

Le lexique suivant est issu d’un travail de mémoire en Master recherche à l’Université de Bourgogne (Dijon). Il a été établi afin d’expliciter les principaux termes auquel un archéologue peut être confronté lorsqu’il entre dans le monde de la musicologie et de l’archéomusicologie, qu’il soit ou non spécialiste des flûtes et sifflets.

Bien sûr, il définit aussi les termes propres à l’étude de ces derniers.

 

Lexique :

Aérophone : famille d’instruments dont le son est produit par la vibration de l’air. En font partie les instruments à vent* (flûtes, sifflets, hautbois, bombardes, cornemuses, …) et les instruments vrombissants* (rhombes, ronfles, …).
Ambitus : étendue des sons qu’est capable de produire un instrument, du plus grave au plus aigu. L’ambitus tient compte non seulement des trous de jeu, mais aussi de leur obturation partielle et de la pression du souffle qui permet au musicien de monter (pression accrue) ou de descendre (pression décrue) de registre.

Biseau/arête : désigne une arête franche taillée dans la masse de l’objet, et dont le rôle est d’être l’organe excitateur de la flûte. Le biseau plonge vers l’extrémité d’où provient le souffle. Plus il est fin et long, plus il offre un son net et des harmoniques de qualité.
Bloc : petit élément rapporté venant combler l’embouchure de la flûte et servant à guider l’air, à travers un conduit, sur le biseau*. Celui-ci peut alors jouer son rôle d’organe excitateur*.
Bruit de souffle : le bruit de souffle est inhérent au genre organologique de la flûte. Sa teneur et sa texture varient en fonction de la facture de l’instrument (s’il s’agit d’une flûte à conduit d’air aménagé ou non) ainsi qu’en fonction de la technique d’embouchure (prise en bouche de l’instrument) et de jeu (souffle frappé, roulé, …). L’on peut tantôt désirer le dissimuler au mieux, ou au contraire le rechercher et le travailler.

Cheminée : volume d’air créé par la perforation latérale d’une flûte. La cheminée peut être taillée selon plusieurs formes qui ont chacune leur influence sur la sonorité de la note qu’elle joue.

Colonne d’air : volume d’air contenu dans la distance linéaire séparant le biseau de l’extrémité distale du tube.

Doigté de fourche : technique de jeu consistant à ouvrir un trou au milieu d’une série de trous bouchés. Les doigtés de fourche sont très souvent utilisés dans le domaine du folklore car ils permettent d’obtenir des sons très proches voire identiques aux demi-tons recherchés sans subir la complexité d’un jeu à obturation partielle des trous.

Excitateur : élément constitutif d’un objet capable de générer des vibrations sonores lorsqu’une action lui est appliquée. Dans le cas des flûtes, l’organe excitateur est une arrête (biseau*), et l’action un souffle d’air dirigé correctement sur lui.
(Son) Fondamental : son premier d’un instrument (le plus grave). Voir sons simples et sons complexes. On le nomme parfois « harmonique 1 » ou « harmonique fondamental ».
Flûte : aérophone dont l’organe excitateur est un biseau (une arête) sur laquelle vient se découper le souffle du joueur.

Gamme : suite de notes d’un système musical (ou mode*) comprises dans les limites d’une octave et dont les intervalles sont choisis en fonction d’une esthétique sonore particulière.

(Son) Harmonique : sons secondaires, inaudibles mais pas imperceptibles, enrichissant le fondamental d’un instrument de musique, et dont la fréquence est un multiple entier de celle du fondamental. On peut les mettre en valeur en forçant la vitesse vibratoire de l’onde sonore (le souffle) sur les instruments à vent. Le premier harmonique se situe à l’octave du fondamental, le second à la quinte du premier. Voir sons simples et sons complexes.

Intervalle : écart sonore existant entre deux notes. On parlera aussi d’intervalle physique (ou d’écart) entre deux trous de jeu.

Langage sifflé : forme de communication à distance utilisant le sifflet bilabial* pour échanger diverses informations, et dont les articulations reposent sur tout ou partie du langage vocal propre à la population qui l’emploie. Cette pratique a été révélée par l’ethnologie non seulement dans des contrées lointaines, mais aussi dans de petites régions de France.

Mode : système musical correspondant à une gamme.

Octave : intervalle existant entre un son fondamental et son premier harmonique.

Octavier : passer sur le mode harmonique d’une flûte (à l’aide de l’augmentation de la vitesse et de la pression du souffle) afin d’atteindre l’octave supérieure.

Organe excitateur : voir excitateur.

Sifflet : courte flûte*.
Sifflet bilabial : il s’agit de la forme la plus simple et la plus essentielle de sifflet : celui que l’on crée en utilisant seulement la langue, les lèvres et la cavité buccale. La pratique du sifflement est et a probablement été toujours très répandue. Sa technique varie en fonction du son, et surtout de la puissance sonore que l’on désire obtenir. La position des lèvres en O est majoritaire en Europe occidentale, mais on y trouve, ainsi que dans d’autres parties du monde, d’autres techniques : lèvre supérieure en avant et langue levée contre le palais, insertion d’un ou deux doigts dans la bouche, utilisation du biseau naturel des dents, ou encore adjonction des mains autour de la bouche en forme de cornet (liste non exhaustive). Le sifflet bilabial est la forme principalement utilisée dans les langages sifflés, bien que l’usage de flûtes ou de petits sifflets ait été répertorié dans certaines cultures.

Sons simples/pauvres : sons obtenus par une vibration strictement sinusoïdale et dépourvue d’harmoniques*. Un instrument à son pauvre ne peut pas monter dans les octaves en forçant la vitesse de la vibration. Voir fondamental.

Sons complexes/riches : sons obtenus par la superposition d’un son fondamental* et d’un ou plusieurs sons harmoniques* dont la fréquence est un multiple de celle du fondamental. La richesse d’un son favorise sa musicalité et permet, en forçant la vitesse de la vibration sonore (impulsion d’air dans le cas des instruments à vent) d’obtenir les notes correspondant aux harmoniques.

Sons préférentiels : sons favorisés, parfois au détriment d’autres sons, par les choix de facture de l’artisan. L’étude précise et combinée des multiples critères physico-acoustiques d’un instrument (ici la flûte) permet de déterminer « pour quels sons elle a été taillée ». Par exemple, un biseau long et une fenêtre rétrécie permettront à l’instrumentiste de monter très facilement dans les aigus, tout en les stabilisant et en les épurant. En contrepartie, les sons graves seront relativement instables, voire difficiles à tenir.

Souplesse sonore (de la flûte) : notion concernant les différences fréquentielles de sons produits, pour une même note, par un légère variation de la vitesse du souffle. La souplesse sonore est un élément subtil et sensible dans le jeu de la flûte, et que les musiciens apprennent à exploiter généralement assez tardivement dans leur maîtrise de la flûte. Naturellement, la souplesse de la flûte dépend de son mode d’embouchure ainsi que des choix opérés lors de la facture de son sifflet (fenêtre et biseau) : le facteur peut concevoir une flûte très souple, qui saura moduler amplement une même note, ou au contraire très directive, qui octaviera* presque directement lorsque l’instrumentiste soufflera un peu plus fort.

Timbre : qualité du son à être un son simple* ou complexe*. Cette notion permet de distinguer la nature et la source du son.
Ton, tonalité, tonal : notion de hauteur d’un son. On parlera de la tonalité d’un instrument comme d’un ensemble de caractères sonores choisis par le luthier. Un système tonal est un système sonore, autrement dit une rhétorique de sons pour laquelle a été fait l’instrument.

Tonométrie : mesure des sons à travers leurs trois caractéristiques principales : hauteur, amplitude et timbre.
Tube de substitution : concept virtuel associant à un trou latéral (dont l’ouverture est inférieure au diamètre de la flûte) une longueur de tuyau qui lui est propre. Cette longueur est d’autant plus importante que l’ouverture du trou est petite. En répétant l’opération, l’on pourrait imaginer une flûte de pan à tuyaux ouverts dont chaque tube correspondrait à chaque trou de la flûte. Dans le cas de la flûte de Boehm, l’ouverture des trous est telle que la distance biseau – trou est égale à celle du tube de substitution.

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