Réalisations

Vous retrouvez ici des réalisations effectuées en cours par les étudiants.

 

Les élèves de M2 ont traduit cet article depuis l’espagnol :

 

Pour beaucoup, la traduction et l’interprétariat ne représentent qu’un simple travail mais au cœur des zones de guerre afghanes, nombreux sont ceux qui n’ont pas cette chance. Au contraire, les traducteurs et interprètes occupent un rôle crucial dans le conflit en agissant comme médiateurs entre les populations et les forces en présence et ce, au péril de leur vie. Cet article issu du site espagnol 20.000 lenguas nous présente la situation dramatique de ces traducteurs et interprètes sur le terrain ainsi que leurs difficultés à trouver une terre d’asile et à s’y intégrer.

 

La situation dramatique des interprètes afghans

7 juin, 2016 Miquel PellicerMónica Bernabé

interpretes-afghans

Des citoyens afghans risquent leurs vies pour leur pays en aidant les troupes occidentales qui luttent contre le régime taliban en Afghanistan. Ces citoyens sont des interprètes qui collaborent, par exemple, avec les troupes américaines et espagnoles en agissant comme médiateurs entre les soldats et la communauté locale. Ils croient qu’ainsi, ils pourront contribuer à renverser la dictature talibane qui essaye de s’emparer du pays. Un reportage du magazine Vice, réalisé main dans la main par les journalistes Ben Anderson et Dani Campos nous révèle leurs difficultés pour obtenir un visa vers l’Occident,mais aussi les problèmes qu’ils rencontrent au quotidien dans nos villes.

 

En Afghanistan, ils sont vus comme « des traîtres, des infidèles ou des espions » et nombre d’entre eux sont morts aux mains des radicaux islamistes. On estime qu’ils sont des milliers dans cette situation. Ils étaient et sont en danger dans leur propre pays mais peuvent prétendre à obtenir un visa. Cependant, seulement 20% d’entre eux ont réussi à obtenir les documents nécessaires bien qu’ils bénéficient du statut de réfugiés politiques. La majeure partie de ceux qui ont réussi ne l’ont fait que grâce à l’aide de vétérans de guerre qui ont traité leur demande de visa. Dans de nombreux cas, ils ont dû attendre plus de trois ans avant d’arriver dans leur pays d’accueil.

 

En Espagne, différents collectifs et associations ont lancé une campagne pour que le Ministère de la Défense accepte les demandes d’asile des interprètes afghans qui ont aidé les troupes espagnoles durant les 14 années de déploiement de l’armée espagnole en Afghanistan. Le gouvernement espagnol a finalement accordé l’asile à 12 de ces interprètes suite à la pression populaire qui a découlé de ce mouvement. Sur Change.org, la campagne de soutien pour accélérer les formalités d’asile a reçu plus de 85.000 signatures à elle seule.

 

« À Badghis seulement, les forces espagnoles ont plus de 40 interprètes afghans. Ils sont tout simplement en train de leur dire qu’ils vont les lâcher une fois les troupes rapatriées. Ils leur donneront leur dernier mois de paie sans leur donner aucune compensation et sans rien leur offrir de plus », disait en 2013 la journaliste Mónica Bernabé, correspondante à Kaboul du journal espagnol El Mundo, qui fut également l’un des plus actifs soutiens à la cause des interprètes.

 

Cependant, le droit d’asile n’est pas toujours synonyme de fin heureuse… Une fois en Espagne, nombre d’entre eux sont confrontés à de graves problèmes pour survivre. Ashabudin Jallali, traducteur et réfugié afghan vivant à Madrid affirme que  » […] l’intégration est difficile. Je laisse beaucoup de C.V. mais quand tu dis que tu viens d’Afghanistan, on te regarde de travers et on pense que tu es le pire terroriste du monde ». Comme beaucoup d’autres, Ashabudin est à la recherche d’un emploi et n’arrive pas à améliorer sa situation. Le Ministère de la Défense a accepté certains demandeurs d’asile mais une fois arrivés en Espagne, la position officielle est la suivante :

 

citation

 

*Nous vous remercions pour les services rémunérés que vous avez rendus en Afghanistan, cependant dans le cadre de la loi sur l’asile et la protection subsidiaire, nous ne sommes pas en mesure de vous aider concernant votre insertion professionnelle.

 

Ils ne demandent pas la charité, seulement un travail qui leur permettrait de retrouver la vie qu’ils avaient avant d’apporter leur aide aux pays occidentaux. Ce sont des travailleurs sociaux, des philosophes, des coiffeurs, avec une carrière et des études, qui sont arrivés en Espagne après avoir aidé les troupes espagnoles face au danger. Se rendre en Espagne était à la fois un rêve et une solution face aux menaces des radicaux. Une fois arrivés en Espagne, ils se sentent abandonnés par Dieu et par les autorités. Et d’ailleurs la situation n’est pas meilleure dans les autres pays, au Royaume-Uni, un interprète afghan de 29 ans s’est suicidé après avoir appris qu’il allait être expulsé en raison de sa situation irrégulière dans ce pays.

 

A Kaboul, ils pouvaient mourir d’une balle. Ici, c’est la faim qui les guette. Ils utilisaient les mots pour interpréter et aider. Aujourd’hui, ils utilisent ces mots pour demander votre aide.

 

 

 

source : https://20000lenguas.com/2016/06/07/la-grave-situacion-de-los-interpretes-afganos/

Traduit de l’espagnol par Benjamin Lapalus

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